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Formulaire de recherche

Solaris

Benjamin Gabrié, Solaris
Grand projet, Scénographie, 2015
La science est la possibilité de comprendre le monde qui nous entoure, de l’organiser et de le conceptualiser. Trois hommes se retrouvent aux confins de l’univers, dans l’isolement le plus total, prêts à tout au service de cette utopique connaissance objective du monde. Ils sont, comme ils le prétendenteux-même, l’élite du corps scientifique.
  • © EnsAD / Marie Genin
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Descriptif

Informations

L’objet d’étude de ces chercheurs est une planète recouverte d’un
océan, Solaris. Identifié comme étant une forme de vie indépendante, l’océan résiste cependant à toute
théorie scientifique cherchant à le définir dans son entière complexité. Il s'agit d'un être doté d’une
conscience et qui demeure malgré cela incompréhensible. Lorsque la science atteint ses limites, démuni,
l’"homme collectif" se désagrège. L’individualité refait surface et dans ces ténèbres d’incompréhension
l’homme distingue son propre reflet. Face à cet inconnu autre, il prend conscience qu’il est inconnu à luimême.
Une angoisse originelle se manifeste : l’être comme énigme pour lui-même, celle-ci liée aux limites
de sa connaissance du monde.
Solaris met en exergue ce retournement de situation. En filigrane du récit, il s’agit d’un
questionnement sur les rapports intimes de l’homme au monde. Nous suivons le personnage de Kelvin,
psychologue au service de la science, et assistons à son introspection. Un questionnement ontologique
se dévoile derrière le rempart de l’objectivation scientifique. Une résonance s’établit entre les
questionnements intimes et subjectifs de l’homme et cet immense inconnu qui l’entoure et le dépasse. Le
passage de Kelvin d’un être dans le monde cherchant à s’en distinguer et à l’analyser objectivement, à un
être-au-monde (Heidegger), constituant le monde, entretenant une relation intime et subjective avec lui.
L’intuition que le théâtre peut révéler et transmettre cette interprétation philosophique du roman
a donné naissance à ce projet. De nombreux aspects du texte permettent d’envisager Solaris dans une
forme théâtrale. Cette situation de huis-clos d’une part, de ces corps livrés à eux-mêmes et cernés d’une
immensité silencieuse, tout comme la scène est un ailleurs isolé qui tend à se détacher de notre réalité. Et
puis cette planète, qui les étudie, les observe à travers les parois de la station, sans qu’ils ne lui prêtent
guère d’attention, comme des acteurs observés par les spectateurs, silencieux et spéculateurs, de l'autre
côté du quatrième mur. Ou encore ces visiteurs, qui provoquent cette introspection, semblables aux
apparitions divines des tragédies grecques, aux fantômes de Shakespeare ou à ces pantins étranges tirés
des souvenirs de Kantor.
Envisager une mise en scène de Solaris, c’est tout d’abord un travail de sculpture, de réécriture du
texte, et de simplification de l’intrigue. Une volonté de cerner, en se concentrant sur les dialogues, ce qui
est porteur de ce questionnement sur l’être qui contamine le personnage, pour que le spectateur puisse à
son tour y être confronté. La planète Solaris opère en miroir pour les personnages, comme le théâtre peut
être un miroir pour les spectateurs. Questionner le spectateur sur ses propres rapports au monde. La
science-fiction offre a priori cette possibilité d’entraîner un spectateur à se projeter dans un ailleurs
fictionnel qui, caractérisé par l’anticipation, questionne le monde contemporain et son devenir. Les
problématiques liées à l’objectivation du monde par la science et à un oubli de l’être soulevées par Solaris
sont nécessaires et résonnent de manière tout à fait pertinente dans notre quotidien.
Il s’agirait de travailler cette nouvelle matière littéraire par la voix, et de se nourrir de tout ce qui a
trait à la narration et à la description pour concevoir un univers scénique au service du sens du texte.
Comment la scénographie peut-elle envisager la représentation de cette station orbitale, suspendue dans
l’immensité de l’univers face à l’inconnu, tout en tenant compte de cet axe philosophique qui tend à la
faire disparaître par son inutilité avérée ? Comment traduire scéniquement la présence de cette planète et
de son influence sur les hommes qui l’étudient, de cet être conscient qui n’est en définitive qu’un miroir
pour l’Homme ?
Cette lecture philosophique du roman axée sur l’évolution des rapports au monde du personnage
principal guidera le projet sous ses différentes approches. Il s’agit de construire un spectacle dans lequel
la dramaturgie est portée par une complémentarité entre transformation progressive des mots et du
langage d’une part, de la scénographie et de la musique d’autre part.

Étudiant(s)
Benjamin Gabrié
Titre
Solaris
Type
Grand projet
Secteur
Scénographie
Année
2015