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Le parler des pas perdus

Julien Rodriguez, Le parler des pas perdus
Grand projet, Art-Espace, 2015
Je me demande comment est fait l’espace dans lequel je circule quotidiennement. La répétition constante d’un trajet fait oublier le décor dans lequel il a lieu. Il y a dépaysement lorsqu’on se retrouve hors de nos sentiers battus. Ces espaces sont « neufs » car comme une page blanche, les repères quotidiens (souvent inconscients) n’existent pas encore. Dans mes dessins de mémoire, je rejoue des espaces traversés, c’est un plaisir de construction aussi bien que de mémoire. Les parcours perdus sont écrits pour être conservés mais également pour trouver dans cette réactivation des émotions cachées dans les strates de mes expériences.
  • Julien Rodriguez © EnsAD / Mathieu Faluomi
  • Julien Rodriguez © EnsAD / Mathieu Faluomi
  • Julien Rodriguez © EnsAD / Mathieu Faluomi
  • Julien Rodriguez © EnsAD / Mathieu Faluomi
  •  Julien Rodriguez © EnsAD / Mathieu Faluomi
  • Julien Rodriguez © EnsAD / Mathieu Faluomi

Descriptif

Informations

Je m’interroge sur la construction d’un objet : sa matérialité, son histoire, ainsi que les moyens choisis pour le produire mécaniquement. J’ai examiné les qualités plastiques de l’arceau de tente ; un dispositif technique qui permet, en nomade, de se construire un refuge n’importe où, je le relie à mon intérêt pour la marche. Je l’ai utilisé comme un outil d’architecte élargi à la sculpture. En empruntant plusieurs pistes de travail, quelquefois pure expérimentation, d’autres fois planification mesurée, j’ai pu constater avec quelle facilité je pouvais exécuter des structures dissemblables à partir du même matériel. La technique s’est révélée si prolifique que la conservation du travail s’est posée : comment garder des oeuvres qui aussitôt montées, sont démontées ? J’ai ainsi photographié chaque « Etat » d’assemblage qui me parut pertinent. Pour rendre l’ensemble homogène, j’ai décidé la réalisation d’un répertoire dessiné de ces formes qui servirait également de manuel de reconstruction.
Pour l’oeuvre « Seaweed », je me suis inspiré d'une performance d’Anthony McCall et de la vidéo "The Movement of people working" de Phil Niblock. J’ai voulu construire une structure accrochée à une architecture dont le décrochage marquerait fatalement le support. Sa forme sur le mur devait être envahissante, comme le lierre. Au coeur de ma recherche il y a la question de la représentation d’un espace réel ou imaginaire par le dessin. La ligne d’une mesure ; Dennis Oppenheim « Gallery Transplant » ou Stanley Brouwn avec ses performances ou encore « Le mètre-étalon » de Duchamp, la trace d’un mouvement ; Richard Long. Parallèlement à ma recherche sur la marche comme pratique artistique, j’ai réalisé une série de petits formats au stylo, représentations issues du hasard, d’un parcours réel mais irreprésentable et inchiffrable. Il s’agit là pour moi d’un écho sensible à la belle citation de Jorge Luis Borges que l’on trouve dans le Miroir des énigmes :
« Les pas que fait un homme, du jour de sa naissance à celui de sa mort, dessinent dans le temps une figure inconcevable. L’intelligence divine voit cette figure immédiatement, comme nous voyons un triangle. Cette figure a (peut-être) sa fonction bien déterminée dans l’économie de l’univers »

Étudiant(s)
Julien Rodriguez
Titre
Le parler des pas perdus
Type
Grand projet
Secteur
Art-Espace
Année
2015