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Journée de rencontres : Territoires désarticulés du Sacré

Conférences et Colloques, le 13 mars 2020
Vendredi 13 mars 2020, entrée libre sur réservation. Malgré la présence continuelle du fait religieux dans l'art de toutes époques et cultures, voire à la source même de l'art, on chercherait en vain sa présence dans les écoles actuelles.
  • © Arp is Arp studio (Dimitri Charrel)

Descriptif

Informations

Pourtant, les projets d’étudiant·e·s liés aux questions du sacré, du spirituel et des religions, qu'elles soient « du livre » ou sans livre, tendent à se multiplier. Nous constatons le désir, parfois confus, de recourir à des traditions, locales ou non. Ces projets recouvrent une grande variété de propositions, d'approches et de thématiques, depuis les plus ésotériques jusqu'aux plus institutionnelles.

Comment alors réintroduire ce sujet si vaste dans la création contemporaine  ?

Pour apporter quelques débuts de réponse à cette question, cette journée de rencontres réunira une dizaine d’invité·e·s portant des points de vue très variés, conduisant des explorations prudentes ou imprudentes à travers ces territoires désarticulés, croisant des approches anthropologiques, littéraires, économiques ou artistiques – sans volonté d’épuiser le sujet bien entendu.  La journée sera ponctuée d’interventions artistiques et s’achèvera par un cocktail-projection.

Cette journée se tient dans le cadre de la Chaire "La jeune création et le sacré", initiée par la Fondation d’entreprise AG2R LA MONDIALE pour la Vitalité artistique en partenariat avec l’École des Arts Décoratifs, pour réinvestir la question du sacré dans la création contemporaine.

La Chaire offre un espace d’expérimentation, de réflexion et de soutien à la production à travers des cours, des bourses mais aussi un programme de manifestations ouvertes au public.

Programme

- 10h00 : Ouverture de la journée par Emmanuel Tibloux, directeur de l'École.

- 10h15 : Père David Sendrez, théologien, "L'humain, le sacré et la théologie".
La notion de sacré, difficile à définir quant au contenu, se repère peut-être plus facilement à partir de son mode opératoire qui est de séparer des espaces et de définir des moments hétérogènes par rapport au temps du quotidien. La dénomination "art sacré", quand elle ne désigne pas un répertoire artistique appartenant au patrimoine mais une expression contemporaine, peut faire l'objet de polémiques, et ce à plusieurs moments de l'histoire de l'art. La Révélation biblique entretient un rapport parfois critique vis-à-vis de la notion de sacré et de son rôle séparateur. Comment tâcher d'y voir clair? On s'efforcera de faire dialoguer la théologie et l'anthropologie.
David Sendrez est théologien, directeur du troisième cycle de la Faculté Notre Dame du Collège des Bernardins, co-directeur du département de recherche "Parole de l'art" et prêtre du diocèse de Paris.

- 11h00 : Louidgi Beltrame, artiste, "Mesa curandera, une expérimentation avec un guérisseur péruvien".
« En 2015, au Pérou, j'ai rencontré José Levis Picón Saguma, un guérisseur dont le travail perpétue la tradition des rites pré-hispaniques. Alors que j'ai passé deux mois avec José et sa communauté en 2017, j'ai tenté de saisir la chorégraphie créée dans le temps et l'espace par le rituel de guérison collectif appelé mesa, en filmant plusieurs cérémonies avec un dispositif de vision nocturne spécifiquement développé. Je partagerai lors de cette journée d'étude, le processus de recherche et de production, ainsi que les questions, les doutes et les possibles réponses que le travail sur ce projet a généré. »
Louidgi Beltrame est artiste. Ancrés sur le territoire côtier péruvien, ses projets récents, El Brujo (2016) et Mesa curandera (2018), sont marqués par l’anthropologie et reposent sur des formes d’intercessions et de connexions aussi inattendues que « magiques ».

- 11h45 :  Marie Voignier, artiste, Un livre montage "La piste rouge. Colonisation, travail forcé et sorcellerie dans le Sud-Est camerounais", Discours historiques, discours politiques, discours sorciers..
Pour cette journée d’étude, il sera question de sa recherche autour de son livre, La Piste rouge. Colonisation, travail forcé et sorcellerie dans le sud-est camerounais (2017), qu’elle a conçu comme un film. En revenant sur les lieux d’un précédent tournage, La Piste rouge rassemble des entretiens menés avec des habitants du Sud-Est du Cameroun et des débats parlementaires vers 1950 où députés et sénateurs discutent à Paris le vote d’un Code du travail des populations d’outre-mer.
Marie Voignier est artiste. Son travail se concentre de façon obstinée sur la réalisation de films, qui réagissent à des enjeux contemporains et politiques, en dialogue avec une histoire du cinéma documentaire, expérimentale et réaliste.

** Pause déjeuner

- 14h00 : Kaori Kinoshita et Alain Dellanegra, artistes, "No man is an Island".
Pendant une dizaine d’années, nous avons côtoyé des dizaines de communautés, les furries, les rainbows, les Raëliens, les dollers... Pour y vivre une expérience radicale – à la fois esthétique et sociale – nous sommes passés en mode croyance. Kaori Kinoshita et Alain Dellanegra se rencontrent au Fresnoy en 2002 et collaborent depuis. Leur travail, à la frontière entre le documentaire et la fiction, interroge les identités virtuelles notamment à travers les communautés numériques et appréhende les nouvelles pratiques (jeux vidéos, jeux de rôle, Internet) comme une réponse à la solitude contemporaine. Ils travaillent actuellement au montage de leur troisième long métrage.

- 14h45 : SCAU, architectes, "Serious game : le jeu et ses limites".
De quoi le jeu fabrique-t-il les limites, entre « sacralité » (Albert Piette) et « profane pur » (Roger Caillois) ? Le stade est-il la maison, ou l’asile, des « nouveaux possédés » ? Réflexions à partir de quelques projets d’architecture.
L’agence d’architecture SCAU participe à la conception et à la (re)construction de la ville en imaginant des lieux de jeu, de travail, de santé, d’apprentissage, de sommeil...

- 15h30 : Valérie Mréjen, artiste, "Pork and Milk".
Tourné à Tel-Aviv, Pork And Milk a pour sujet ceux qui, venant de milieux religieux ultra-orthodoxes, ont fait le choix de devenir laïcs. Pour la plupart, cette décision a entraîné une rupture avec la famille, les parents, la communauté, et impliqué la nécessité de se débrouiller seul dans une société nouvelle où tout reste à apprendre.
Dessinant une trajectoire oblique entre littérature, cinéma et arts plastiques, Valérie Mréjen apparaît comme une figure atypique de la scène artistique contemporaine. Son dernier ouvrage Troisième personne, est paru en 2017 aux éditions P.O.L.

** Pause
- 16h15 :  Pacôme Thiellement, essayiste et artiste, "Le sacré dans les séries télévisées".
À chaque époque de l’Histoire, la divinité a choisi un medium spécifique pour communiquer avec les hommes. Depuis les années 1990, il s’agit de la télévision – à la fois monde imaginal du capitalisme, organe d’enténébrement des hommes, mais aussi fenêtre sur ce qui doit advenir et tentative d’extraction de la prison de fer noire. A travers une « exégèse » de Twin Peaks, chef d’œuvre télévisuel parmi les chefs d’œuvre télévisuels, on traitera des relations entre la divinité et le monde moderne.
Pacôme Thiellement est écrivain et vidéaste. Il a travaillé sur la culture pop et sur les gnostiques. Trois livres en particulier éclairent leurs rapports : Pop Yoga (2013), La victoire des sans roi (2017), Tu m'as donné de la crasse et j'en ai fait de l'or (2020).

- 17h00 : Claire Barré, écrivaine, "Ma découverte accidentelle du chamanisme".
 En 2014, suite à une "apparition" aussi étrange que persistante, Claire Barré choisit, pour comprendre le phénomène, d’aller voir une chamane russe, vivant à Paris, plutôt qu’un psychiatre.
Claire Barré est scénariste et romancière. Elle a notamment écrit Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull, livre qui relate sa découverte du chamanisme et co-écrit le film « Un monde plus grand » de Fabienne Berthaud.

- 17h45 : Céline du Chéné, journaliste, "Sorcière : une spiritualité multiforme".
Fascinante pour certains, maléfique pour d’autres, la sorcière a toujours peuplé notre imaginaire collectif, à travers les âges et les arts. Figure historique autrefois traquée et brûlée, elle est devenue, aujourd’hui, synonyme de savoir, d’indépendance et de puissance. Au-delà de l’engouement marketing de ces dernières années, nous allons chercher à comprendre comment et pourquoi la sorcière est devenue l’incarnation d’une nouvelle forme de spiritualité, mêlant à la fois, magie, politique, art et nature.
Céline du Chéné est auteure de documentaires à France Culture et chroniqueuse à Mauvais Genres, émission où elle se consacre aux marges artistiques, à l’étrange et l’érotisme. Elle a publié Les Sorcières, une histoire de femmes (Michel Lafon/ France Culture 2019).

**Pause
- 19h00 : Les Froufrous de Lilith, artistes, "Food&Film #36 Sacré", programmation de films et proposition culinaire.
Et si l’obsession du siècle n’était que la criante volonté d’un ré-enchantement du monde. En effet loin d’être l’apanage des religion, le sacré est une des manifestation de la relation que nous avons avec l’incertitude qui régit ce monde dans lequel malgré nous, nous avons mis pied. À travers une programmation de films et d’extraits d’univers variés (fiction, expérimental, documentaire, archive, clip, Youtube, pub…) en plus d’une proposition culinaire en rapport avec le thème, ce food&film viendra interroger nos angoisses métaphysiques et notre quête de spiritualité.
Bulle Meignan travaille à Images en bibliothèques / Mois du film documentaire et est programmatrice au sein des Froufrous de Lilith. Camille Zéhenne est artiste et programmatrice au sein des Froufrous de Lilith. Anna Rivière / Anna Severina Perrin, qui assure la partie Food est actrice (pour Cesar Vayssié, Yves Noel Genod ou encore Louise Siffert)  et cuisinière.

 

Informations

"Territoires désarticulés du sacré"
Journée de rencontres
Vendredi 13 mars 2020
École des Arts Décoratifs
31 rue d'Ulm 75005 - Paris
Amphithéâtre Rodin
Entrée libre sur réservation dans la limite des places disponibles : reservation@ensad.fr

Informations

"Territoires désarticulés du sacré"
Journée de rencontres
Vendredi 13 mars 2020
École des Arts Décoratifs
31 rue d'Ulm 75005 - Paris
Amphithéâtre Rodin
Entrée libre sur réservation dans la limite des places disponibles : reservation@ensad.fr