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Combien de temps faut-il pour mourir de froid ?

Elisa Depaule, Combien de temps faut-il pour mourir de froid ?
Grand projet, Scénographie, 2017
Combien de temps faut-il pour mourir de froid ? s'inspire du livre de Jorn Riel La circulaire et les autres racontars. Il raconte l'histoire de plusieurs trappeurs éparpillés dans des stations au Groenland nord-est, sommés par une circulaire, de cesser toute activité et de retourner au Danemark, pour des raisons méconnus... politiques selon les rumeurs. Cette circulaire bouleverse la vie de chacun d'eux. Mads Madson ne veut pas quitter le Groenland et devient la figure emblématique de cette micro société en voie d'extinction. Mads se heurte à une réalité universelle : la mort. Atteint d'un cancer, il cherche, de station en station, la meilleure façon de mourir là-bas. Dans ce désert glacé, sa quête prendra des formes inattendues. Il finira par choisir le froid comme dernière compagne
  • © EnsAD / Camille Gharbi
  • © EnsAD / Camille Gharbi

Descriptif

Informations

Ces trappeurs ont vécus quotidiennement dans des conditions extrême de froid, de solitude et de longues errances. Pourtant il a fallu
attendre cette mort pour qu'ils s'interrogent scrupuleusement sur ce froid, et son rapport au corps. De cette mort jaillit, une
contemplation de l'évolution du froid.
L'histoire de Mads nous emporte d'une mortalité tragique vers un événement céleste et glacial. Il y a quelque chose d'immoral dans
cette histoire, pourtant très humaine. Immorale car le choix de sa mort n'est pas une liberté accepté par la société, et humaine car la
solidarité et l'empathie des compagnons de fin de route de Mads Madson la rende naturelle.
Les paysages du Groenland sont insaisissables, hostiles, inhospitaliers. Des paysages blancs, transparents et bleus lorsqu'ils gèlent en
filtrant le spectre d'un rayon de soleil.
L'infiniment grand des fjords sans fin, des blancs à perdre les repères, des trajets interminables se confondent avec l'infiniment petit
de la neige en petits grains, qui se dépose sur la terre, de la glace qui se cristallise en millions de fractales, et de ces hommes
inéluctablement plus petits que cette nature, presque invisibles
C'est à travers ces paysages habités par Mads que mon travail oscille entre réalisme et imaginaire , saisissant librement les derniers
bouts d'instant de Mads. J'ai choisi de les interpréter par une installation contemplative et immersive, nous invitant solitairement à
observer des paysages en nous projetant mentalement au plein coeur du froid.
j'ai été confronté à une mort paradoxale. Un corps qui tend à disparaître dans ces paysages et un corps qui se congèle. De ce
paradoxe, se dégage une décomposition de l 'image réalisée à l'aide de dioramas. Nous les observons, passant de la réalité à
l’immatériel. Un jeu de perception sur des paysages infiniment grand et infiniment petit, sans jamais vraiment voir Mads.
J'imagine une fin où nous serions les confidents de Mads, sollicités à expérimenter un espace intermédiaire entre terrestre et céleste,
mortalité et immortalité, solide et gazeux...une sublimation !

Étudiant(s)
Elisa Depaule
Titre
Combien de temps faut-il pour mourir de froid ?
Type
Grand projet
Secteur
Scénographie
Année
2017