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Post-mortem

Balthazar Desarnaud, Post-mortem
Grand projet, Art-Espace, 2019
Je travaille toujours post-mortem. Je n’aime pas du tout que les choses finissent par surprise, alors je commence par faire une œuvre avortée, cassée d’emblée, un vêtement mal cousu mal pensé, une sculpture impossible, trop lourde et trop fragile, un truc ni fait ni à faire mais fait quand même, et tout le reste est supplémentarité.
  • © Béryl Libault

Descriptif

Informations

L’œuvre se construit sur cette fausse couche, sur le long terme, à colmater et essayer de rendre possible, faire naître malgré tout, Frankenstein de chez Frankenstein, cyborg par essence, corrigé mille fois, remanié mille fois depuis une impossibilité d’être primordiale.
La glaise forme les courbes du visage qui se fend, les cerceaux sont enflammés avant que je ne les fixe, le chant commence sur une voix qui n’existe déjà plus. Voilà pourquoi je ne peux pas construire, pourquoi je ne peux pas penser les choses pour qu’elles tiennent : car alors elles s’élèveraient verticales et pleines d’ambition, de prétention à être ; elles promettraient d’être finies et uniques et faites d’une seule essence qui suffirait à les déclarer au monde comme étant, (harmonie idéale, nécessaire et suffisante d’un nombre élémentaire de composants, une perfection des astres, le génie de la pensée naturelle, la complémentarité et l’ordre des choses) et puis j’y croirais sans doute et puis elles s’effondreraient de très haut. Alors je fais mal et maladroit pour me situer toujours déjà dans l’après-la-chute, et puis je soigne ; je remblaie, je drague, je continue, j’hospitalise.

Étudiant(s)
Balthazar Desarnaud
Titre
Post-mortem
Tipo
Grand projet
Secteur
Art-Espace
Année
2019