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Entêtement

Cléo Duplan, Entêtement
Grand projet, Scénographie, 2013
Installation narrative d’après Les Dieux de la Terre, de Khalil Gibran.
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Descriptif

Informations

Les Dieux de la Terre est un poème qui met en dialogue trois dieux, natifs de la terre. Le premier, âgé, ne supporte plus le poids du passé. En proie aux doutes et à la mélancolie, il ne voit plus que le côté sombre du phénomène de la vie. Les regrets, la peur et la honte sont sa nourriture. Alors que le second dieu lui rappelle l’œuvre accomplie (l’homme) et le gout de la sagesse et de l’honneur du labeur, le troisième dieu soulève la question du libre arbitre et du hasard qui fait de l’homme un être par nature amoureux.
En quelque sorte ces trois dieux sont l’image de trois strates constituantes du  « moi » au monde, de façon magnifiés : le poids du passé, la crudité du présent et le rêve de l’avenir.
Mon intérêt pour ce texte se situe dans la générosité et la force des images poétiques. Chaque vers est un cataclysme qui fait se rejoindre corps et paysage, et l’on passe avec aisance du minuscule au gigantesque.
Aussi un parallélisme est proposé entre les dieux et les hommes : les dieux font des hommes qui les nourrissent et les réalisent ; mais je préfère lire : les hommes produisent les dieux qui font des hommes. Ainsi l’activité créatrice la question centrale du poème.
Je me suis plus particulièrement  intéressée au dénouement. Entre autre le sacrifice du premier dieu. En effet celui-ci offre  « sa passion et sa peine » dans le but certain de rétablir l’ordre cosmique par la réactivation d’un chaos mythique fertile. Cette image du sacrifice m’interpelle parce qu’elle fait directement référence à la notion de rituel garantissant un ordre social. Et c’est dans ce type de rituel paganique que toutes formes scéniques, voire d’art, trouvent leur jeunesse.
C’est à partir de cette idée que j’ai composé une image du poème de Khalil Gibran. On pourrait qualifier ma proposition de «vanité » dans laquelle le curieux s’entête littéralement.
Or l’idée de vanité renvoie au judéo-christianisme, et bien que l’auteur soit chrétien, la notion de sacrifice dirige mon intention vers quelque chose de plus originel, lié à l’âge de la magie, et ainsi totalement détachée d’un quelconque dogme.
Ma proposition scénographique est de l’ordre d’une fresque inspirée du poème, où fourmillent les éléments  d’un univers en papier. Là, l’envers et l’endroit tissent le cocon du lieu du sacrifice : le lieu du bruit, où le signe fait symbole, et où l’ombre se colore.
L’échelle utilisée pour rendre compte de ce lieu est  au 1/15 ème.  Cette dimension permet d’être à la fois dans une forme de maquette : soit l’espace pensé en plus petit ;  et à la fois dans une forme existante pour ce qu’elle est réellement de par sa taille et son approche, auquel cas on s’approche du domaine de l’installation. Ainsi la fresque se déploie au centre d’un lieu virtuel, celui de la cavité du songe dans lequel vous êtes invité à vous plonger.

Étudiant(s)
Cléo Duplan
Titre
Entêtement
Type
Grand projet
Secteur
Scénographie
Année
2013