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L’étranger. Une lumiére noire et verte

Jeanne Held, L’étranger. Une lumiére noire et verte
Grand projet, Scénographie, 2013
Meursault est l’étranger, celui dont on ignore le prénom, qui sera condamné moins pour son acte meurtrier que pour son incapacité à sentir et à agir comme ses contemporains.
  • extraits de l’animation en peinture à l’huile D.R
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  • La vidéo est projetée dans la salle 37 du Palais de Tokyo. La fiction s’articule entre l’espace réel et la projection, pour cette raison l’image vidéo sera brouillée par des lumières ponctuelles D.R
  • La vidéo est projetée dans la salle 37 du Palais de Tokyo. La fiction s’articule entre l’espace réel et la projection, pour cette raison l’image vidéo sera brouillée par des lumières ponctuelles D.R
  • Ces 8 peintures à l’huiles sont les supports du film: à raison d’une peinture par décor et gros plan, chaque toile à pu faire l’objet de 700 passages D.R
  • maquette au 25ème de la salle 37 du Palais de Tokyo D.R

Descriptif

Informations

Animation en peinture à l’huile (7min)
Maquette en bois (80*75*35)
8 peintures à l’huile, formats divers

J’ai entendu cet écrit comme un monologue, dans lequel se déploie le point de vue de Meursault. En effet je me suis intéressée à la dimension étrange plus encore d'étrangère de ce personnage. Meursault n’épouse jamais tout à fait son propre point de vue, il constate non seulement ce qu’il vit et sent mais il semble nous faire part de l’instant présent comme perçut du lointain. Je me suis donc particulièrement intéressée à son point de vue, sa capacité à se focaliser sur des détails, celle d’entrer par ces mouvements de “macro-sensiblité” dans une autre temporalité, ainsi que sa propension à annihiler une sensation lorsque celle-ci vient à le toucher de trop près.

C’est donc au travers de l’acception d’étranger comme “différent-différé” que j’appréhende la mise en espace du texte de Camus. J’entends par là développer le rapport concret entre la mise à distance de sa sensation et la violente proximité de sa perception. Je me concentre pour cela sur des fragments de texte qui mettent en scène la posture de Meursault comme spectateur singulier face à un groupe, spectateur exposé au regard de l’assistance. L’intrigue sera de fait centrée autour du procès.

Ce jeu de point de vue qui épouse ou non l’évènement conté s’articule autour de deux espaces, l’un haptique, dont les matières, bruits et patines nous rappellent à la présence, l’autre optique, dont les réalités sont mises à distance. Il s’agit d’effectuer des allers-retours entre ces deux dimensions qui se partagent un même lieu.

S’établit alors un glissement entre l’espace réel et celui fictif du récit. Ce dernier travaillera les effets que je prête à la perception de Meursault, déployant alors un monde de peinture à l’huile, dans lequel s’agglomère les êtres et espaces. Tout mouvement sera alors traité comme couche d’une même matière. La lumière même qui donne à voir et aveugle se manifestera comme une strate qui recouvre le décors. Si en photographie, l’objectif qui zoom est analogue au regard qui accommode, l’émergence de points nets en peinture créent le mouvement inverse : ce n’est plus l’oeil qui choisit mais le monde qui semble se révéler plus en détails ou se faire plus opaque. Le médium de la peinture photographiée me permet donc d’encrer l’image projetée dans ce partage des dimensions optique et haptique.

Le dispositif visuel et sonore jouera donc d’aller-retour entre la fiction de peinture animée et la salle 37 du Palais de Tokyo qui en constitue le décor. Le spectateur y est invité à faire l'expérience de l’étrangeté d’un monde perçu en différé, monde auquel on ne peut s’habituer. Cette installation est conçue comme une mise en rapport entre le texte de Camus et la salle 37 du Palais de Tokyo, Mon intention étant de modifier la perception de ce lieu particulier en y injectant l’histoire fictive de Meursault..

Étudiant(s)
Jeanne Held
Titre
L’étranger. Une lumiére noire et verte
Type
Grand projet
Secteur
Scénographie
Année
2013