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Interface culturelle

Anne-Flore Plays, Interface culturelle
Grand projet, Architecture intérieure, 2016
C’est à Saint-Denis, au croisement de paysages en friche et de voies ferrées, que les «Cathédrales du Rail» prennent place depuis près de 150 ans. L’édifice est appelé ainsi par les riverains, en référence à ses incroyables voûtes de béton, allant jusqu’à 18m de haut, visibles par delà le périphérique parisien. Les 5000m2 du monument industriel ferroviaire servaient de dépôt aux locomotives, pour leur entretien et levage. Les «Cathédrales» sont un repère vertical incontournable du territoire de Saint-Denis comme un toit suspendu au dessus d’un paysage. Et pourtant, ce mur brise actuellement la communication entre les espaces, obligeant des détours, créant un cul de sac perturbant le fonctionnement même du quartier. Ce qui est perçu comme une cicatrice profonde dans le territoire, tente de devenir par ce projet une plateforme fédératrice. Le tissage est à rapiécer, le maillage urbain à métisser.
  • © Pernelle Popelin
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Descriptif

Informations

Il s’agit de considérer la ville pour ce qu’elle est avant tout : le lieu d’habitation commun à ses usagers. La ville peut être vue comme un édifice, une maison. Les rues sont des couloirs, les façades des murs, les places et les carrefours des seuils. Cessant de percevoir l’espace urbain comme une agglomération de lieux désaccordés, le projet tente de démontrer une unité d’ensemble nécessaire. Cette typologie d’infrastructure monumentale propose à mon sens un retour à la géographie, à l’écriture du territoire dans son ensemble. Ces ruptures d’échelle peuvent être des passages, des traversées ouvrant la ville par-delà les limites et les ruptures provoquées par nos architectures. Soudain, la circulation tend à redevenir «habitable». Il n’y a plus de différence de nature entre l’extérieur et l’intérieur, plus de distinction entre le dedans et le dehors. Il en devient une unique promenade, à chemins multiples, s’accordant avec une diversité de cultures, d’identités, et de quotidiens. On traverse, on dépasse. Notre enveloppe spatiale se dilate, s’étend, puis se rétracte et se concentre, transformant le quartier des Cathédrales en une véritable «architecture d’intérieure». Et puis on se met à parcourir la ville à pied. La marche, c’est ce moment où l’on découvre, écoute et regarde, on enregistre tout. On porte attention à la mesure, à l’échelle des choses, à l’ensemble de leurs proportions. D’un cul de sac peut se dessiner la continuité d’un quartier, réunissant des quotidiens multiples partagés. On se croise et on se rencontre. Lieu de rendez-vous ou simple raccourcis, alternative au grand axe du boulevard Wilson, le bâtiment devient un repère connu de tous. Les Cathédrales ont à mon sens un potentiel d’échange et de partage, par l’adaptation de son écriture avec son contexte urbain comme paysagé. En vue du Grand Paris, Saint-Denis est défini comme le «Territoire de la culture et de la création». En effet, l’ensemble des programmes urbains et architecturaux se tournent vers le développement d’activités culturelles, affirmant une identité et une histoire, tout en rassemblant une population hétéroclite. Les Cathédrales ont pour objectif de suivre cette dynamique, développant l’initiative de la ville à faire de Saint-Denis le pôle culturel parisien par excellence. Le programme est donc tourné vers l’échange et la rencontre, ce qui mélange et réunit des populations, créant de nouvelles interactions, une mixité. Le site se doit d’exalter son identité, s’ouvrir sur la ville. Il se développe notamment autour des Cathédrales des vides structurants, injectant un potentiel fédérateur au territoire. Conserver des espaces ouverts et libres dans une densité urbaine permet une diversité des usages, devenant un moyen d’appropriation de la ville par ses habitants. Concordant avec un patrimoine industriel fondateur, une médiathèque spécialisée dans l’industrie et l’artisanat prend place sous les voûtes, se connectant à la nouvelle pépinière d’entreprise. Les deux groupes scolaires du quartier ont également inspiré un pôle réservé aux enfants. Les autres programmes se veulent complémentaires, proposant des espaces culturels accessibles et variés. Passant d’un kiosque de café, à un marché aux livres, à un espace de débat, ou encore un jardin potager partagé, les Cathédrales ouvrent leurs portes à la culture, l’expérimentation et la découverte. Ce sont des espaces de passages et de détours, mais aussi de pause et d’attente, chaque quotidien s’y adaptant, puisqu’ouvert de jour comme de nuit. Les Cathédrales sont alors sujet de contemplation. Des passerelles se transforment en passages couverts, la promenade urbaine est verticale. Des hauteurs, des vides, des pleins, des perspectives et des points de vues dévoilent et développent son identité. Des évènements architecturaux viennent nous confronter avec le monument, et nous met en interaction perpétuelle avec l’ensemble des espaces. La forme est issue d’un processus, d’un système matérialisé puis ajusté. Il s’agit de compléter un maillage,une grille existante, afin de s’y accrocher en toute souplesse et cohérence

Étudiant(s)
Anne-Flore Plays
Titre
Interface culturelle
Type
Grand projet
Secteur
Architecture intérieure
Année
2016