Une année pour affiner son orientation
Choisir un secteur à l’École ne relève pas uniquement d’une spécialisation technique. Tout au long de la première année, les étudiant·es circulent entre pratiques, méthodologies et approches parfois très différentes avant de formuler leurs choix parmi les dix secteurs de l’École : Art-Espace, Architecture Intérieure, Cinéma d’Animation, Design Graphique, Design Objet, Design Textile et Matière, Design Vêtement, Image Imprimée, Photo/Vidéo et Scénographie. « La moitié des élèves souhaitent intégrer un secteur en particulier en rentrant à l’École », rappelle Michiko Biron-Borisova, coordinatrice pédagogique en Licence. Mais les expériences et rencontres de première année viennent parfois modifier ces projections.
Des temps d’immersion au cœur des secteurs
À partir du second semestre, plusieurs formats permettent ainsi aux étudiant·es d’affiner progressivement leur compréhension des secteurs. Une semaine dite de “pré-secteurs”, organisée cette année début janvier, constitue un premier temps d’immersion. Les étudiant·es y passent plusieurs jours au contact des promotions de deuxième et troisième année afin d’observer le fonctionnement quotidien des secteurs. Accueilli·es par les référent·es, ils et elles assistent à des cours, des rendus ou des workshops selon les formats proposés par chaque secteur.
Certains secteurs privilégient une immersion par l’observation directe des travaux. François Darasse, co-référent du secteur Cinéma d’Animation, a ainsi invité les étudiant·es de première année à assister aux rendus du premier semestre. « Ces invitations au sein des secteurs sont une bonne immersion : les élèves de première année découvrent l’atmosphère d’un secteur, les esthétiques, les concepts mis en jeu ainsi que les techniques abordées », explique l’enseignant. D’autres formats reposent davantage sur une expérience pratique des ateliers. En Design Textile et Matière, les temps d’immersion de plusieurs jours ont par exemple mêlé participation aux cours, visites d’ateliers et rencontres avec les responsables techniques. L’objectif est autant de découvrir des outils et des méthodes de travail que de mieux comprendre l’environnement pédagogique dans lequel les étudiant·es évolueront ensuite.
Ces temps d’échange permettent aussi aux étudiant·es de confronter leurs intuitions initiales à la réalité des pratiques. « J’avais déjà une pratique très liée au dessin et à l’illustration, donc je pensais aller en Image Imprimée, mais j’hésitais aussi avec Cinéma d’Animation », raconte Miyako Javelle, étudiante de première année. Les discussions avec les étudiant·es des deux secteurs lui ont permis d’affiner progressivement son orientation : « Ce qui a vraiment compté, c’était de pouvoir parler avec des étudiant·es de deuxième et troisième année. »
Du partage d’expérience à la construction du choix
Ces immersions se prolongent ensuite à travers des réunions d’information organisées entre la fin du mois de février et le mois d’avril. Fondées sur le volontariat, elles permettent aux étudiant·es d’échanger plus librement avec les référent·es de secteurs autour des enseignements, des débouchés professionnels ou encore des attentes pédagogiques. Plusieurs étudiant·es de deuxième et troisième année y sont également venu·es partager leur expérience afin d’apporter un point de vue plus concret.
Cette phase d’exploration joue souvent un rôle déterminant dans les choix formulés au printemps. Car les représentations initiales évoluent rapidement au contact des pratiques réelles. « Les étudiant·es ne savent pas toujours exactement ce qu’ils cherchent au départ », observe Christophe Bourguedieu, co-référent du secteur Photo/Vidéo. « L’immersion permet surtout de comprendre que les enjeux ne sont pas uniquement techniques dans notre secteur, mais aussi liés à des questions d’expression, de narration ou de positionnement du regard. »
Du cheminement au choix
Le processus se poursuit ensuite avec la préparation des portfolios présentés lors des commissions de passage, qui s’achèveront cette année le 27 mai. Accompagné·es par les enseignant·es, les étudiant·es constituent un book rassemblant travaux réalisés pendant l’année, projets personnels ou recherches antérieures. L’entretien qui suit, d’une quinzaine de minutes, est pensé moins comme un examen que comme une rencontre autour d’un potentiel créatif en construction. « Il ne s’agit pas de vérifier des compétences déjà stabilisées », souligne Michiko Biron-Borisova. « Ce qui intéresse, c’est une personnalité, une manière de penser, une capacité à développer une démarche. »
Au terme de cette période, chaque étudiant·e formule deux choix parmi les dix secteurs, dans un équilibre parfois mouvant entre désir initial et découvertes faites au cours de l’année. Si des changements restent possibles par la suite, ils demeurent relativement rares. Et souvent, les hésitations du départ deviennent aussi l’occasion de déplacements féconds : certain·es étudiant·es découvrent finalement dans un second choix un espace plus juste pour développer leur pratique et leurs recherches.