Le concours d’entrée : comment ça fonctionne ?
Chaque année, le concours d’entrée en 1ère année à l’École structure le recrutement autour d’un processus en plusieurs étapes, à la fois sélectif et progressif.
Il se déroule en trois phases principales : l’inscription (entre janvier et mars, via Parcoursup), l’épreuve d’admissibilité à réaliser à domicile, puis les épreuves d’admission, dont une épreuve artistique sur table et un entretien, se déroulant en centre d’examens ou à l’École.
Ce processus, resserré sur quelques semaines au printemps, permet de sélectionner une promotion d’environ 80 étudiant·es, parmi plusieurs milliers de candidatures.
Au-delà des performances techniques, le concours vise avant tout à identifier des profils capables de développer une démarche personnelle, de formuler une intention et de s’inscrire dans une réflexion artistique.
« Beaucoup pensent qu’il faut déjà très bien dessiner ou posséder un don artistique pour entrer », explique Siham Jouini, du pôle concours de l’École, « mais en réalité, le concours cherche avant tout des personnalités, de la curiosité et une démarche originale. Le potentiel et la créativité comptent bien plus que la technique ».
L’épreuve à domicile : un exercice aux multiples entrées
À parcourir les intitulés des épreuves à domicile des dix dernières années, une typologie se dessine. Derrière leur apparente simplicité, ces sujets activent en réalité différents modes de pensée et de production.
Certains relèvent de la représentation de soi et de l’image (Selfie, 2020 ; Ce qui ne peut être vu, 2017), d’autres s’ancrent dans l’expérience et le vécu (L’espace d’un instant, 2025 ; Le portrait d’une promenade, 2019) ou interrogent le rapport à l’espace (50 M, 2015). Enfin, plusieurs sujets mobilisent des notions plus conceptuelles (Matière première, 2023 ; Ubiquité, 2021).
Cette épreuve constitue une première rencontre entre l’École et les candidat·es : elle permet d’évaluer une capacité à interpréter un sujet, à faire des choix et à proposer une réponse singulière.
10 ans de sujets à domicile :
L’épreuve à domicile : du dépôt physique au tout numérique, limiter les inégalités … et la logistique !
Jusqu’à l’année 2020, les candidat·es déposaient leurs dossiers physiquement à l’École ou les envoyaient par courrier.
Avec plusieurs milliers de candidatures, la gestion de ces dossiers représentait un défi logistique considérable. Les équipes évoquent un véritable “Tetris” à l’échelle de l’École, où chaque espace disponible était mobilisé. Les dossiers étaient notamment stockés dans des structures grillagées (“cages”) installées dans les amphithéâtres, avant d’être répartis entre les jurys.
À partir de 2017, plusieurs évolutions viennent encadrer davantage l’épreuve : limitation du nombre de planches, formats standardisés, et recours à des reproductions plutôt qu’aux originaux. Ces évolutions visent à garantir une meilleure lisibilité des dossiers, faciliter leur manipulation par les jurys et limiter les inégalités entre candidat·es.
En 2019, le passage au format A4 marque une étape supplémentaire, avec l’introduction possible de contenus audiovisuels via une plateforme dédiée.
En 2020, la crise sanitaire accélère une transformation déjà amorcée : l’épreuve à domicile devient entièrement numérique.
Désormais, les candidat·es déposent leurs propositions en ligne, sous forme de portfolio numérique. Ce changement allège considérablement la logistique, tout en ouvrant de nouvelles possibilités de formats et de médiums.
Une expérience intense, entre épreuve et souvenirs marquants
Au-delà des chiffres, le concours est une expérience forte, autant pour les candidat·es que pour les équipes. « C’est une période intense, stimulante et humaine », résume Siham Jouini.
Après l’admissibilité, les candidat·es retenu·es sont invité·es à se présenter à l’École pour une épreuve artistique sur table et un entretien. Contrairement à l’épreuve à domicile, ce temps de création en présentiel permet d’observer les candidat·es dans l’instant : leur capacité à réagir, à expérimenter et à développer une réponse en temps limité.
Certains sujets marquent particulièrement les esprits.
« Le sujet La bannière (2017), réalisé sur une toile blanche en coton de 1,20 m × 0,50 m, invitait les candidat·es à exprimer un message personnel. Beaucoup ont abordé des thèmes engagés — écologiques, sociaux ou politiques. C’était passionnant de voir la diversité des réponses et la manière dont chacun s’appropriait le sujet. », se souvient Siham Jouini.
Dans les coulisses, certaines candidatures laissent également des souvenirs durables : « Il y a quelques années, un candidat s’est présenté à son entretien avec le jury dans une tenue entièrement réalisée en papier kraft — short, t-shirt, chapeau… sauf son boxer ! Son audace a marqué les esprits. Il a été admis, bien sûr aussi grâce à la qualité de son travail. » raconte Siham Jouini.
Chiffres clés sur le concours 2025
Le concours d’entrée reste marqué par une très forte sélectivité. En 2025, 2720 candidat·e·s ont confirmé un vœu sur Parcoursup. Parmi eux, environ 350 ont été déclaré·es admissibles, soit à peine 13 % des inscrit·es. Autrement dit, près de 9 candidat·e·s sur 10 sont écarté·es dès l’étape du dossier (portfolio et sujet à domicile). À l’issue du processus, 72 candidat·es ont intégré l’école, soit environ 2,6 % des candidatures initiales.
Les profils admis témoignent d’une certaine diversité : parmi les 72 étudiant·e·s admis·es en 2025, 61,1 % sont des femmes et 38,9 % des hommes. Les parcours sont variés : sur les 72 candidat·es reçu·es, 46 étaient d’un bac général, 12 d’un baccalauréat technologique, 3 d’un baccalauréat professionnel et 11 détiennent un diplôme étranger équivalent au bac.