Yvan Mazel

Les Percées

Yvan Mazel ©Beryl Libault

« La dystopie, on ne la vivrait pas, par hasard ? »

Le projet

« Je vais à la recherche des Percées. 
Je pioche dans le passé, j’y retrouve les paysages vallonnés en clair-obscur de mon pays vert*. Celui qui nous a élevés, ma famille et moi, perdus et saufs au milieu des forêts. Je me souviens aussi de l’énergie éclectique de ma première visite de la capitale. 
Retour dans le maintenant, dans ce « chaotic world » où tout va toujours mal. La dystopie, on ne la vivrait pas, par hasard ?
Parfois, c’est flou. Les nuages se dissipent mal. Oui… Y a anxiété et déprime.
Comment tu « cope »** ? 
J’me récite mes petites percées :
𓇼 aime-toi et le ciel t’aimera,
𓇼 prends le temps et tu observeras,
𓇼 rêve autant que tu donnes le la,
𓇼 par tes actes de la toile tu t’extirperas,
𓇼 Davon tu, mio !*** »

Quelle armure revêtir ?
Une cotte de maille en coton, lin soie et laine. Que du naturel pour qu’on soit confort. 
J’entrelace les fils avec mes trois crochets en bois, devant l’ordi. Derrière l’écran, les fictions me donnent le la. 
Oui, je crochète, je brode à la main ; bref, je médite. Je fabrique un vestiaire du maintenant. Celui imprégné de l'essence rustique et dense de la campagne, comme de l’énergie flexible et vibrante de la ville. Celui qu’on veut porter pour calibrer son allure autant que pour amortir ses émotions. Celui qui nous prépare à la quête des percées. 

* Surnom du département de la Corrèze.
** « faire face » en anglais
*** « En avant, ma mie » en patois occitan.
 

Légende : Vêtements en coton, lin, soie et laine, teints à la main en teintures naturelles. Crochet et broderies à la main. Teintures naturelles fabriquées et faites à la main. Accessoires en cuir noir, doublures en soie.