Coline Dupuy

« L'exotisme viendrait d'un coquillage avarié »

Coline Dupuy

« L'exotisme viendrait d'un coquillage avarié »

Coline Dupuy © Béryl Libault

Ce projet de diplôme interroge l’imaginaire de la plage exotique qui a accompagné mon enfance sur la côte basco-landaise. À travers le surfwear, les objets balnéaires et leurs iconographies, il observe comment un fantasme occidental de l’ailleurs s’est diffusé dans les paysages, les corps et les matières. Fleurs hawaïennes, vahinés, motifs dits tribaux, tikis ou monoï composent un décor séduisant, mais hérité de récits coloniaux et touristiques.

Le projet

Le projet prend la forme d’un diorama textile traversé par plusieurs états. Dans un premier temps, les images s’accumulent et saturent l’espace. Scannées à répétition, elles fondent, dégoulinent et se déforment. Les objets emblématiques de la plage deviennent les témoins d’un imaginaire consumé par sa propre répétition. Progressivement, les couleurs tournent au vinaigre. Les matières se craquèlent, les mailles se distendent et les impressions dégorgent. Les archives se mêlent alors à des photographies personnelles réalisées sur les plages du littoral atlantique, de nuit ou au crépuscule, lorsque le décor touristique s'est retiré.

De cette contamination naît un second monde. Les motifs originels s’y disloquent pour former de nouvelles figures : membranes, peaux mouvantes, voiles filandreuses et paysages hybrides. Les formes deviennent plus fluides, les frontières plus poreuses. Sans chercher à effacer cet héritage, le projet propose d’en révéler les strates afin d’imaginer une plage consciente des histoires qui la traversent encore aujourd’hui.