À l’occasion de la projection AFTER 2025, organisée autour des films de diplôme du secteur Cinéma d’Animation, l’École met en lumière un moment important du parcours étudiant : celui où un projet de fin d’études vient clore des années d’apprentissage tout en ouvrant vers la suite.
Pour accompagner la promotion 2025, l’École a invité Mathilde Bédouet, diplômée des Arts Décoratifs et marraine de cette projection. Réalisatrice du court métrage Été 96, récompensé par le César 2024 du meilleur court métrage d’animation, elle partage ici son regard sur l’après-école, la recherche d’une écriture personnelle, et ce que représente, dans un parcours, l’année du diplôme.
Peux-tu revenir sur ton parcours depuis ta sortie de l’École ?
En sortant des Arts Décoratifs, j’ai d’abord passé quelques années en agence, avant de me consacrer pleinement à des projets beaucoup plus personnels. J’ai réalisé plusieurs clips, notamment pour Fastlane, Gush ou encore Santoré, et j’ai aussi travaillé pour la presse en illustration. En 2023, j’ai réalisé mon premier court métrage, Été 96, en rotoscopie, c’est-à-dire une technique qui consiste à dessiner à partir d’une vidéo en prise de vue réelle. En parallèle, j’ai publié un livre jeunesse, Le Grand Large, adapté de ce film. Je viens aussi de terminer mon second court métrage d’animation, Dernier Printemps.
Est-ce que ton film de diplôme annonçait déjà cet univers ?
Pas vraiment. Été 96 n’a pas grand-chose à voir avec mon film de diplôme, si ce n’est peut-être une thématique commune autour du monde aquatique.
C’est bien après ma sortie de l’École, à l’occasion d’un clip pour lequel j’avais carte blanche, que j’ai développé la technique graphique que j’utilise aujourd’hui et à laquelle je suis très attachée : la rotoscopie au crayon de couleur.
Que retiens-tu de ton parcours aux Arts Décoratifs ?
Ce que je retiens surtout, c’est l’expérimentation, et la nécessité de découvrir son propre processus de création. Je garde aussi un souvenir très fort des rencontres que j’y ai faites, notamment avec les étudiant·es des différentes sections. Elles m’ont énormément nourrie artistiquement, et continuent encore aujourd’hui.
Les cours de sciences humaines ont aussi été très importants pour moi. Je me sens très chanceuse d’avoir eu accès aux ateliers et d’avoir bénéficié de l’accompagnement précieux des technicien·nes.
Quel regard portes-tu aujourd’hui sur le film de diplôme ?
Je ne dirais pas que mon film de diplôme a été un tournant à proprement parler pour la suite de ma carrière. En revanche, il a été sélectionné dans quelques festivals, ce qui m’a permis de découvrir cet univers et le travail de réalisateur·ices très talentueux·ses. Et surtout, cette année de diplôme a fini de confirmer ma passion pour la réalisation de films d’animation.
Qu’est-ce que représente, selon toi, cette année si particulière pour les étudiant·es ?
C’est une année très importante, parce qu’elle permet de porter un projet de bout en bout. On est amené·e à faire des choix, à aller au bout d’une intention, à se confronter très concrètement à la fabrication d’un film. C’est un moment exigeant, mais aussi très formateur. On apprend beaucoup sur son travail, sur ses envies, sur sa manière de créer.
Tu es la marraine de la projection AFTER 2025. Que souhaites-tu dire aux diplômé·es de la promotion 2025 ?
J’aurais envie de leur dire de rester attentif·ves à ce qui les anime profondément, et de ne pas chercher à aller trop vite vers une forme définitive. Une écriture se construit dans le temps, parfois là où on ne l’attend pas. L’important, c’est sans doute de continuer à expérimenter, à faire, à chercher, et de garder confiance dans ce qui rend leur regard singulier.