« « Mon teint violet quand j'meurs, on m'offre enfin des fleurs » »
Coline Morel
« « Mon teint violet quand j'meurs, on m'offre enfin des fleurs » »
« Les gens se reposent et nous on visite le jardin. On s’enfonce, on essaye de trouver. Du recul ? Quelqu’un ? Et en même temps on veut être seul.e. Qu’on nous laisse tranquille. Laisser le dessin nous recouvrir. Être au calme dans cette noirceur enveloppante. Dans tous les cas suivre les traces du dessin comme trajectoire. »
Le projet
« Mon teint violet quand jmeurs, on m’offre enfin des fleurs » fait état d’un double sillage : le processus de dessin de Coline Morel confondu à celui d’un deuil. Inspirée par La Théorie de l’Art des Jardins de Christian C.L Hirschfeld, ce projet s’imagine comme un jardin de dessins, et s’articule autour de la création d’un « lieu mélancolique » invitant à « la jouissance du repos de la solitude [...]. »
La temporalité du dessin est le point de départ. Le temps manuel est saisi comme l'occasion d’accueillir celui de la réminiscence. La procédure lente, répétitive et minutieuse de la main qui trace se veut l’itinéraire d’un déroulement de la pensée. Il faut alors que le dessin dure le plus longtemps possible. Surtout ne pas aller à l’essentiel. Qu’il se stratifie. Envahisse. Prenne des détours… La gestation psychologique se greffe au geste graphique. Dans ce diplôme, le dessin ne tend pas vers une finitude mais se dévoile dans tous ses états. Il s’agit de visibiliser ses différentes phases : de la feuille vierge jusqu’à celle saturée, des marges jusqu’au test de feutre, comme une mise à nu de sa trajectoire.