Amir Berny

SALAM 3LA DAR  

Amir Berny

SALAM 3LA DAR  

Amir Berny ©Mathieu Faluomi

« L’intégralité de ce travail part de ce point-là, de cette double appartenance qu’on ne choisit pas, mais qu’on porte, qui façonne notre manière d’habiter le monde ». 

Le projet

L’artiste est un enfant de la diaspora marocaine. Ses deux parents sont originaires du Maroc. L’artiste a grandi à Angers, dans le quartier populaire La Roseraie, entre pelouses tondues et barres d’immeubles, entre la maison et le quartier. Là-dedans, il y avait un mélange constant : l’arabe et le français, les couscous du dimanche en regardant Walker Texas Rangers, la boucherie et les épiceries du coin, les tapis au mur et les fonds d’écran Windows XP dans les cybercafés. C’est dans cet entre-deux que l’artiste a appris à regarder, à faire attention aux objets, aux matières, aux gestes du quotidien. L’intégralité de son travail part de ce point-là, de cette double appartenance qu’on ne choisit pas, mais qu’on porte, qui façonne notre manière d’habiter le monde.
Le titre du Grand Projet, « Salam 3la dar », veut dire « Bonjour à la maison » en darija. Ce n’est pas juste une formule, c’est une adresse. Une manière de saluer ce qui constitue encore l’artiste : la maison, les souvenirs, les choses qu’on emporte avec soi même quand on change de lieu, de langue ou de paysage. La maison dont je parle n’a pas toujours des murs, mais elle a des textures. C’est une maison textile, affective, bricolée, parfois numérique. Ce projet est un va-et-vient entre plusieurs mondes : entre la France et le Maghreb, entre le souvenir et la réinvention, entre l’enfance et ce qu’il en reste. Ce n’est pas une réponse qui est proposée, mais un endroit où entrer, un espace où l’on peut se projeter, reconnaître quelque chose, ou juste rester un moment.

Légende : Laine française, mérinos, mohair, coton, polyester, fil recyclé, tissage jacquard, maille, impression textile, feutre, couture, teinture à l’acide, sons