Stationed in the Pacific Theater
Ilaria Andreotti
Stationed in the Pacific Theater
« Stationed in the Pacific Theater » est en même temps un début et une fin, une forme dont le mode d’existence est réarrangement constant dans la superposition des récits. »
Le projet
Les larmes, ça désinfecte ; les bonbons, ça rend heureux, mais ça rend triste ; les idées, ça libère, mais ça épuise. C’est à partir de situations prosaïques que se construisent petit à petit texte, vidéos, performance et objets. Aomoro, Botchan Hitomi, le Con-Artist, Cozie et les autres ne savent plus si leur identité est à l’intérieur ou à l’extérieur, si le langage les emmènera dans un échange émotionnel, économique ou narratif et cherchent perpétuellement à assouvir des besoins pulsionnels de consommation. Dans les détails infra-signifiants de la langue devenue chanson, slogan, métalangage, sont soulignées une méfiance et une solitude propres à notre époque.
Alors, les dialogues deviennent des lieux de solutionnage par la théorie et l’analyse. C’est dans ce va-et-vient entre idées témoignées et déterritorialisées et gestes absurdes (tels les rituels qui font exister notre civilisation), que se ressent physiquement le rapport corporel que nous entretenons avec la langue, comment elle nous objectivise, nous hiérarchise, nous donne l’impression d’exister.
« Stationed in the Pacific Theater » est en même temps un début et une fin, une forme dont le mode d’existence est réarrangement constant dans la superposition des récits. Les personnages, le temps, les espaces n’ont pas d’unité stable, pourtant, tout est bien délimité et tout existe avec précision. Face aux fatalités inhérentes aux normes narratives, il faut à tout prix jouer des coudes dans les marges pour protester et s’assurer du sens.
Légende : Performance, vidéo, dessin, texte, objets.