Thought i saw something
Eléonore Coyola
Thought i saw something
« À la manière du jardinier attentif aux saisons et paysages qui changent, Éléonore Coyola regarde les espaces façonnés par l’humain, les grandes forêts plantées, avec leurs arbres disposés à bonne distance les uns des autres, régulière. Elle se dit que c’est étrange, cette manière d’organiser ce qui ne se range pas. Et, en même temps, elle trouve ça très beau. Est-ce que les arbres sont tristes d’être ainsi alignés ? C’est la beauté des chiffres, de ceux qui savent raconter des histoires, de ceux qui savent contrôler la nature.
Le projet
Dans le même genre, il y a les crop circle, ces grandes formes géométriques parfaites et mystérieuses qui apparaissent dans les champs. Il y a aussi les grandes créatures de métal qui les arrosent en avançant doucement, l’été. Il y a les jardins et les corps d’eau qui les traversent pour irriguer, bien symétriques au milieu des haies. Il y a les bords des routes, les endroits où toujours un brin d’herbe saura se faufiler. « Jardin », ça vient de l’allemand garten, enclos. Tout cela se déroule dans un cadre bien défini : le champ, la feuille, la grille. Les dessins d’Éléonore rappellent les décors formatés et pixellisés des jeux de notre enfance : deux heures dans Minecraft pour fabriquer le village de ses rêves.
Il y a aussi tous les animaux du jardin, pour qui ces grilles ne sont pas des prisons, puisqu’il leur suffit de les traverser ou de les contourner. Il y a des pelotes de laine comme des graines qui refusent de pousser. Ça ressemble aussi aux cocons des araignées, petites boules de soie pour protéger les œufs jusqu’à l’éclosion. » Extrait de Good news from the trap, Tina Bonny, 2026 pour le catalogue de l’exposition Je laisserai toutes sortes d’oiseaux voler chez moi.
Légende : Sculpture et dessin.