Zoénine Laurent-Perroto

Je me couvre du vol matinal des oiseaux

Zoénine Laurent-Perroto

Je me couvre du vol matinal des oiseaux

Zoénine Laurent-Perroto ©Amélie Canon

« L’état de calme du monde était en fait déjà de la violence. »

Le projet

Au milieu de la foule, vous croyez reconnaître quelqu’un dans votre vision périphérique. Vous tournez la tête, mais vous n’arrivez pas à savoir si c’est bien elle. Ses traits vous échappent, vous pouvez vous frotter les yeux autant que vous voulez : la mise au point est impossible. À cet instant, vaut-il mieux qu’elle soit visible ou anonyme ? Qu’est-ce qui la rend forte ou vulnérable ? À quel point son visage est-il fragile sous vos yeux ?
Elle s’enfonce dans la foule. Depuis des jours elle sent la tension dans ses épaules, son corps pressurisé. Elle ne se rappelle pas exactement l’origine du problème, et pour cause : il lui préexistait. L’état de calme du monde était en fait déjà de la violence. 
La terre tremble sans se rompre encore. Parfois seulement nous sommes témoins des symptômes de ce grondement. Des coups d’éclat, des personnes qui pourraient faire justice seules, des geysers isolés qui s’échappent du sol. 
« Il y a vingt ans, la puissance de l’idéal a saisi mon âme et y éveilla une fièvre brûlante. Je pensais alors que la guérison était la chose la plus désirable au monde [...]. J’ai depuis lors appris que la puissance de l’idéal, inexorable, implacable, ne devait pas être guérie, car elle est le remède, qui doit cautériser votre plaie comme le feu. »
Emma Goldman, Il nous faut être prêts à chaque instant, 2023 (1912).
L’artiste vous présente aujourd’hui un récit de fiction inspiré de faits politiques réels.

Légende : Pour l’édition : bande-dessinée, impression laser, 88 pages, 38 x 28,5 cm. 
Pour l’accrochage : encre de Chine, graphite, gansai, encres de couleur et scotch sur papier et papier calque (dimensions variables)