Keisuke Maruta

Marlboro, Printemps, Rose nuit

Keisuke Maruta

Marlboro, Printemps, Rose nuit

Keisuke Maruta ©Amélie Canon

« De cette expérience est née une question centrale : comment rendre visibles – ou audibles – les voix marginales dans la ville ?  L’art, pour moi, est un lieu de recomposition, de traduction, de réinvention ».

Le projet

« Ce projet prend pour point de départ les petites activités économiques illégales qui jalonnent les rues de Paris. À travers elles, j’interroge la manière dont les communautés de migrants et de sans-papiers – ces présences souvent invisibles – choisissent leur travail et construisent des stratégies de survie au sein du tissu urbain.


Je m’intéresse non seulement à leurs gestes quotidiens, mais aussi aux “outils de travail” qu’ils manipulent. En observant ces circuits de distribution, je cherche à capter ces réalités par un regard poétique – pour les interpréter, les transformer.


Ce projet se compose d’installations, de vidéos, de performances, de sons et de textiles réalisés à Paris.


L’origine de cette démarche est une expérience personnelle : entre 2020 et 2023, j’ai moi-même vécu en situation irrégulière. Sans titre de séjour, je ne pouvais pas travailler légalement, ni accéder au logement ou à la Sécurité sociale. Cette période m’a placé dans une position de transfuge de classe et m’a permis de saisir certains mécanismes d’exclusion et de précarisation vécus par les personnes migrantes.


De cette expérience est née une question centrale : comment rendre visibles – ou audibles – les voix marginales dans la ville ?  L’art, pour moi, est un lieu de recomposition, de traduction, de réinvention.


Tout au long de cette création, je me suis posé les questions suivantes : que refuse-t-on de voir ? Qui est réduit au silence ? Et surtout, comment peut-on approcher ce silence, sans le trahir ? »

Légende : Installation photo/vidéo, Performance musicale