Ce que nous laissent les fantômes
Cheryl Cisse
Ce que nous laissent les fantômes
« « Ce que nous laissent les fantômes » n’est peut-être pas un héritage, mais une invitation à d’autres récits, plus justes, plus vivants et réparateurs. »
Le projet
Il y a des silences qui pèsent, faits d’absences et de récits fragmentés transmis de génération en génération.
Ce vide intime m’a menée au Jardin d’Agronomie Tropicale – René Dumont, où les ruines enfouies dans la végétation gardent la trace d’un passé colonial exposé, puis oublié. Un dialogue fragile s’installe entre ce silence personnel et celui du lieu. Je ne cherche pas à combler, mais à habiter ces vides, à les faire résonner avec douceur et respect.
Mon projet s’ancre dans une lecture sensible des vides – paysager, architectural, symbolique – et dans une recherche de gestes rituels pour les traverser. Je crée mes architectures fétiches volontairement troubles qui questionnent le monument et la mémoire des femmes exposées et exploitées pendant la colonisation. J’y façonne des objets de consolation, mes objets de médiations : fragiles, activables et, surtout, porteurs de traces-mémoires.
En réactivant des matériaux du quotidien, j’essaie de faire surgir une mémoire vivante. C’est un geste d’attention, qui relie l’intime au collectif.
« Ce que nous laissent les fantômes » n’est peut-être pas un héritage, mais une invitation à d’autres récits, plus justes, plus vivants et réparateurs.
Légende : Supports Mixtes, Maquettes, Textiles, Dessins
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