Fol Film Festival : Paroles d’étudiantes derrière un festival pas comme les autres

© D.R.
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Derrière le Fol Film Festival, des étudiantes de l’École inventent depuis plusieurs années un événement libre, collectif et expérimental, à la croisée du cinéma, de la fête et de la création émergente.

    Pouvez-nous nous présenter en quelques lignes le Fol Film Festival ?

    Folle Béton est une collective fondé en 2018, réunissant des artistes, technicien·nes et curateur·ices souhaitant promouvoir la jeune création sous toutes ses formes. À travers ses différents projets, la collective imagine des formats festifs, accessibles et conviviaux, s’éloignant des cadres plus traditionnels des événements culturels. Elle est soutenue par l’École des Arts Décoratifs de Paris, l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris ainsi que par PSL. Depuis 2019, Folle Béton organise le Fol Film Festival, un rendez-vous annuel consacré aux formes visuelles singulières et expérimentales, mettant en lumière des artistes étudiant·es et émergent·es.

    Le festival s’est d’abord tenu en plein air dans la cour de l’École, avant d’investir également d’autres lieux comme le DOC! ou la Tour Orion. Chaque édition mêle projections de courts-métrages, bar, concerts live et DJ sets, dans une atmosphère volontairement chaleureuse, festive et ouverte à toustes. Nous cherchons à faire du festival un véritable espace de rencontre, où les œuvres dialoguent autant avec le public qu’avec le lieu et les moments de convivialité qui les entourent.

    La collective compte aujourd’hui huit membres, en non-mixité choisie, dont quatre encore étudiantes à l’École. Certaines travaillent dans le milieu du cinéma et de la vidéo, d’autres sont plasticiennes, techniciennes ou encore issues du spectacle vivant. Cette diversité de pratiques et de parcours nourrit la manière dont nous concevons nos événements et nos programmations. Au mois de mai, nous organisons la première édition du Fol Film Hors-Série, au sein même de l’école. Pour cette occasion, nous avons invité deux programmatrices extérieures, Marion Le Taillandier et Esther Bourcereau, à imaginer leur propre sélection. Ensemble, elles ont conçu avec soin et enthousiasme un programme de courts documentaires.

     

    Quel rôle les élèves de l'Ecole jouent-iels dans l'organisation de l'évènement ?

    La Collective Folle Béton est née d’une collaboration entre artistes, technicien·nes et curateur·ices de l’École des Arts Décoratifs – PSL et de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris de Paris. Les premiers événements, dont le Fol Film Festival, ont majoritairement vu le jour au sein de l’École, qui a largement facilité leur mise en place grâce à l’accueil des projets, au prêt de matériel ainsi qu’au soutien apporté à la communication. De nombreux·ses étudiant·es de l’école se sont également impliqué·es bénévolement dans ces événements, contribuant activement à leur organisation et à leur développement. Cette dynamique collective a parfois permis à de nouvelles personnes de rejoindre Folle Béton, mais aussi de créer des rencontres et des collaborations précieuses pour le fonctionnement et l’évolution de l’association !

    Comment construirez vous vos programmations ? Un thème ou une forme (cinéma expérimental, documentaire, animation...) sont-ils retenus chaque année ?

    La programmation du Fol Film Festival (excepté ce Hors-Série) repose sur un appel à projets ouvert à tous·tes, avec pour seule contrainte la durée des créations vidéo. Nous accordons cependant une attention particulière aux artistes ayant encore peu, voire jamais, été programmé·es dans d’autres festivals, afin de mettre en avant des regards émergents et des pratiques moins visibles. Nous nous revendiquons comme un festival de courts-métrages au sens large, englobant non seulement le cinéma plus traditionnel — fiction, documentaire — mais aussi des formes plus expérimentales, à la croisée des arts vidéo, et des pratiques plastiques contemporaines. Nous tenons ainsi à ne mettre ni thème ni forme spécifique en avant, afin de proposer un événement volontairement hétéroclite, où dialoguent des sensibilités, des écritures et des univers parfois très différents. Cette liberté de programmation nous semble essentielle pour laisser place à la surprise, à la découverte et à des expériences de visionnage variées. Notre seul véritable critère : programmer des projets qui nous plaisent, nous surprennent et nous touchent.

    Le festival se déroule en plein air, dans la cour de l’École : ce cadre permet-il d'ajouter une dimension particulière au Festival ?

    L’aspect en plein air a été primordial dans notre événement, souvent organisé au printemps ou à la fin de l’été. Le fait que le festival se déroule dans la cour de l’école lui donne une ambiance follement conviviale et estivale. On est loin du cadre parfois un peu figé d’une salle de cinéma : ici, les gens arrivent, prennent un ou plusieurs verres, discutent, puis s’installent sous les étoiles pour profiter des projections… Cela ressemble autant à une soirée d’été entre copain·es qu’à un événement culturel. Cette proximité crée des échanges plus spontanés autour des films et rend l’expérience beaucoup plus chaleureuse et vivante, selon nous !

    Après 5 éditions, comment imaginez-vous l'évolution du festival dans les années à venir ?

    Le Fol Film Festival est attaché à sa représentation au sein de l’École. Pour autant, nous avons pour ambition de sortir du cadre de l’École, voire de Paris, afin de développer une forme plus hybride du festival, pouvant se dérouler sur plusieurs jours. Nous avions notamment imaginé une édition en Bourgogne, dans un château entouré d’un grand terrain, qui pourrait accueillir les festivalier·ères sur place, le temps d’une nuit ou simplement pour une journée. Cette idée permettrait de prolonger l’expérience du festival au-delà des projections, en créant un véritable moment de vie collective, de rencontres et de partage autour du cinéma. Peut-être bientôt ! Il nous est important de nous exporter, que ce soit en dehors de l’école afin de toucher un public plus large que celui des étudiant·es en art, mais aussi en dehors de Paris, pour investir des territoires où l’accès à ce type d’événements culturels est parfois plus limité. Nous aimerions que le festival puisse s’adapter à différents lieux et contextes, tout en conservant son esprit fun, expérimental et accessible.

    Avez-vous des anecdotes / souvenirs marquants à nous partager ?

    Beaucoup ! Il y a d’abord les anecdotes des imprévus et des ratés, qui finissent souvent par devenir des souvenirs amusants. Par exemple, lors de l’édition 2024, la pluie et la tempête nous ont obligé·es à rapatrier les projections en amphithéâtre à la dernière minute… tandis que le DJ set, lui, s’est tout de même tenu sous la pluie, avec un public, certes réduit, mais toujours au rendez-vous. Il y a aussi cette séance où nous avons dû changer d’amphithéâtre en plein milieu de la projection, pour une raison technique encore inconnue aujourd’hui, avec l’aide spontanée de toustes les spectateur·ices qui ont participé au déplacement des chaises dans une ambiance presque absurde mais très joyeuse. Mais les souvenirs marquants ne sont pas seulement liés aux imprévus. Il y a également tous ces moments en amont du festival, lorsque nous nous réunissons pendant des heures pour discuter, débattre et partager les films que nous aimons — ou non. Ces échanges font pleinement partie de l’identité du festival et nourrissent notre manière de programmer collectivement. Et puis il y a les moments les plus gratifiants : voir certain·es artistes que nous avons sélectionné·es être ensuite repéré·es pendant le festival, puis programmé·es dans d’autres événements. Cela donne le sentiment, à notre échelle, de participer à la circulation et à la visibilité de nouvelles pratiques artistiques.