Marie-Julie Tang-Tardieux

Garder l’horizon dans le coin de l’œil

Marie-Julie Tang-Tardieux

Garder l’horizon dans le coin de l’œil

Marie-Julie Tang-Tardieux ©Beryl Libault

« À rebours du présent, nous marchons en arrière et en avant en traversant les temporalités et les géographies ».

Le projet

Sur un timbre, trois personnes creusent dans le sol d’un glacier et y dessinent un trou.
Sur Google Street View, un jeune homme dort sur une montagne avec une casquette sur le visage.
Sur le mur du quai, une faille assez grande pour s’y glisser apparaît.
Le terminus n’est pas la fin du RER, mais une plateforme bétonnée au pied d’un cirque naturel. Tous·tes les passager·ères sortent du wagon et marchent ensemble. Plus vous avancez, plus les sons de l’actualité baissent en volume. Parfois, une personne s’arrête, alors tout le groupe s’arrête aussi et vous essayez d’entendre quel message se dit, à qui il s’adresse, quel est le timbre de la voix qui arrive. Cela se produit plusieurs fois, le mouvement s’arrête, puis reprend. 
À des images représentant le réel, sous forme numérique avec Street View ou sous forme imprimée avec des timbres trouvés, sont associées des bribes de souvenirs. Ces images archétypales agissent comme des portes d’entrée vers des mémoires partielles ou des scènes futures fantasmées. Elles sont celles par lesquelles nous passons pour nous engouffrer sous des couches et des couches d’histoires – ni vraies ni fausses, ni individuelles ni collectives. À rebours du présent, nous marchons en arrière et en avant en traversant les temporalités et les géographies. Les animaux laissés derrière, les ancêtres dont on ne partage pas la langue, les lieux lointains pourront regagner la surface.
Une fois les temps et les lieux fondus, que choisira-t-on de faire venir ou revenir ?

Légende : vidéos, textes, sons, impressions risographie, timbres, Street View