Julian Prothée

Lingua Bureaucraticae

Julian Prothée

Lingua Bureaucraticae

Julian Prothée ©Béryl Libault

« Quand notre environnement, nos villes, notre corps seront indexés par ces protocoles, la “Lingua Bureaucraticae” s’imposera comme incontournable. »

Le projet

En 2020, le nombre d'objets « connectés » dépasse celui des humains ; en 2025, ils sont aux alentours de 22 milliards. Ces objets sont dits « connectés » pour leur aptitude à communiquer via des requêtes et à échanger – essentiellement à l’aide de formulaires – les informations à l'origine de leurs actions.
Ces méthodes de communication ne sont pas sans rappeler nos administrations dont les services coordonnent leurs activités en s’envoyant des documents, souvent nommées « bureaucratie ». Ainsi émerge le concept de « Lingua Bureaucraticae » – un néologisme qui pourrait signifier : « ensemble de langages basés sur les échanges et les traitements de formulaires, prenant place dans un contexte bureaucratique ».
Les chiffres amènent à formuler l’hypothèse que les langages de la « Lingua Bureaucraticae » sont devenus les plus utilisés au monde, et ce, par des acteurs non humains, détrônant les langues d’origine romane, germanique et sino-tibétaine.
Cette prédominance est peut-être un tournant dans l’histoire. Elle introduit les procédés bureaucratiques dans notre quotidien, standardisant, formalisant, inscrivant le monde dans des cellules. Quand notre environnement, nos villes, notre corps… seront indexés par ces protocoles, la « Lingua Bureaucraticae » s'imposera alors probablement comme incontournable.
L'intention est alors d’illustrer un environnement fictionnel dans lequel évoluent ces nouveaux bureaucrates, déplaçant le regard de la technologie vers la dynamique qu’elle induit.

Légende : Objets connectés – Assemblage en aluminium.