Six étudiant·es de l'École en première ligne des Cordées de la réussite

© Beryl Libault
© Beryl Libault

Cette année encore, des étudiant·es volontaires ont animé des ateliers artistiques hebdomadaires dans six collèges classés en politique prioritaire de la ville. Dans ces espaces de pratique et d'échange, les rôles se déplacent, les gestes se transmettent, les parcours se racontent autrement. Retour sur un engagement concret, reconnu et ouvert à toutes et tous.

    Un engagement porté par nos étudiant·es

    Le cœur des Cordées de la réussite, à l'École des Arts Décoratifs - PSL, c'est d'abord l'engagement de ses étudiant·es. Cette année, six d'entre eux et elles ont choisi de consacrer une partie de leur temps à animer des ateliers artistiques dans des collèges partenaires, apportant leur pratique, leur regard et leur parcours à des élèves de 4ème et 3ème qui n'ont souvent pas accès à ces univers.

    Ce sont eux et elles qui font vivre le dispositif semaine après semaine : Paul Cerf (2e année Cinéma d'Animation), à son deuxième engagement dans les Cordées, Akanksha Hurry (4e année Art Espace), Joseph Planchette (2e année Image imprimée), Lilou Ouvriez (3e année Design Textile et Matière), à sa troisième année d'engagement consécutive, Sixtine Palluet (5e année Architecture intérieure) et Kim Marcovitch (4e année Photo/vidéo).

    Qu'il s'agisse d'une première expérience ou d'un engagement renouvelé, chacun·e apporte sa pratique propre - dessin, linogravure, sérigraphie, photographie, volume - et construit ses séances en toute liberté autour de thèmes ouverts.

    Six collèges, deux villes, un même objectif

    Les Cordées de la réussite relient l'École à six collèges, tous classés en politique prioritaire de la ville, répartis entre Paris et Aubervilliers :

    Paris (19e et 10e)

    • Collège Michelet - avec Paul Cerf

    • Collège Méliès - avec Akanksha Hurry

    • Collège Rouault - avec Joseph Planchette

    • Collège Seligmann - avec Lilou Ouvriez

    Aubervilliers

    • Collège Moulin - avec Sixtine Palluet •

    Collège Wallon - avec Kim Marcovitch

    Le dispositif national, labellisé depuis 2008, vise à accompagner des élèves dès la 4ème dans la construction d'un projet d'orientation, notamment vers les filières sélectives et les études en art et design.

    Ce que représente concrètement cet engagement

    De novembre à mai, chaque étudiant·e intervient une heure à une heure trente par semaine dans son collège. En dehors des périodes de vacances - et en tenant compte des inévitables séances annulées pour cause de brevet blanc, stages ou voyages scolaires - cela représente entre 18 et 22 séances sur l'année, soit entre 18h et 33h d'interventions.

    Un engagement non négligeable, coordonné par Laure Vignalou, chargée des programmes de diversité à l'École, qui assure le lien avec les établissements partenaires, le suivi des étudiant·es et l'organisation de la restitution finale.

    Côté reconnaissance, cet engagement est valorisé dans le cursus : les étudiant·es bénéficient de deux crédits d'engagement citoyen et d'une bourse de 400 €, financée dans le cadre du label Cordées. Les collèges partenaires reçoivent également entre 800 et 1 200 € pour financer le matériel des ateliers - ce qui permet aux étudiant·es de travailler dans de bonnes conditions et de proposer des séances de qualité.

    © Beryl Libault
    © Beryl Libault
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    Ce que cette expérience transforme

    Au fil des séances, les ateliers deviennent bien plus que des espaces de découverte artistique. Ils modifient aussi la pratique et la posture des étudiant·es qui les animent.

    Joseph Planchette, engagé cette année au collège Rouault autour de la linogravure et de la sérigraphie, raconte avoir voulu construire « le cours de dessin qu'il aurait aimé avoir à 14-15 ans ». L'expérience l'a amené à reformuler ses intuitions pédagogiques, à inventer des formats plus souples selon les réactions des élèves. « Moins le chemin est balisé, plus ils se laissent aller, et alors des choses vraiment intéressantes se produisent », remarque-t-il. Une leçon qui a rejaillit sur sa propre pratique : « J'ai réappris à laisser une plus grande part d'inconnu et de spontanéité dans mon travail.»

    De leur côté, les élèves découvrent un autre rapport à la création : moins centré sur le résultat, davantage fondé sur l'expérimentation et la possibilité d'essayer sans chercher une bonne réponse. Pour beaucoup, c'est un premier contact concret avec des pratiques comme la sérigraphie ou la linogravure — et une première occasion de comprendre concrètement comment se crée une œuvre. « On les découvre dans un autre registre, souvent plus à l'aise, plus spontanés », observe Andréa Béarez, assistante d'éducation au collège Rouault. Certains s'autorisent progressivement à prendre davantage de place, à affirmer des choix esthétiques, à développer une confiance nouvelle dans leurs productions.

    La restitution : un moment à ne pas manquer

    Mercredi 20 mai, à partir de 14h, l'École accueillera la restitution finale des Cordées de la réussite. Les collégien·nes présentent les créations issues de leurs ateliers sous forme d'exposition collective, accompagnée de temps de médiation où chaque groupe partage sa démarche, ses expérimentations et ses processus de création. La journée se conclut autour d'un goûter.

    C'est aussi l'occasion, pour la communauté de l'École, de mesurer concrètement ce que représente cet engagement : des mois de travail, des ateliers construits de A à Z, des relations de confiance nouées avec des élèves qui découvrent pour la première fois un établissement d'enseignement supérieur artistique.

    Vous souhaitez vous engager dans les Cordées l'an prochain ? La restitution est le meilleur endroit pour comprendre ce que le dispositif implique vraiment : les étudiant·es engagé·es cette année seront présent·es et disponibles pour répondre à vos questions.