Anna Kereszty

Adrian Alcott

Anna Kereszty

Adrian Alcott

Anna Kereszty © Amelie Canon

« Ce qui a commencé comme une simple observation de mon environnement s’est progressivement transformé en obsession, teintée par la culpabilité et des réflexions sur la surveillance ou la fiction ».

Le projet

Cette exploration photographique navigue entre pays, époques et réalités, reliant la Hongrie communiste et le Paris d’aujourd’hui. Ce qui a commencé comme une simple observation de mon environnement et de mes voisins depuis ma fenêtre s’est progressivement transformé en obsession, teintée par la culpabilité et des réflexions sur la surveillance ou la fiction. Dans le passé récent de la Hongrie, l’espionnage a été un outil de contrôle profondément ancré dans le tissu social. Son héritage résonne au fil de ce projet.

Au cœur de la série : un homme mystérieux, mon voisin, que j’imagine écrivain ou journaliste. Sa biographie inventée fait écho à mon grand-père, écrivain et journaliste, correspondant au Caire dans les années 1970. Dans ses livres, il mêlait reportage et fiction, brouillant les frontières entre réel et imaginaire – une approche qui m’inspire.

Mon travail combine des photos prises depuis ma fenêtre, des images trouvées et des archives de mon grand-père. J’explore ainsi comment le documentaire peut construire une fiction. Mon grand-père, comme beaucoup sous le régime soviétique, était surveillé… mais aussi contraint de rédiger des rapports pour l’État. Cette dualité – surveiller et être surveillé – est au cœur de mon projet.

Les oiseaux, discrets et omniprésents, deviennent métaphores de ce regard invisible. Après sa mort à l’été 2024, cette série est aussi devenue une réflexion sur le deuil : mon voisin est devenu le reflet de mon aïeul. Le titre du projet reprend l’un des pseudonymes de mon grand-père : András Kereszty, alias Adrian Alcott, alias le mystérieux voisin.