Zoé Bertano

L’Asphodèle blanc, quand il faut couvrir les fleurs de feu

Zoé Bertano

L’Asphodèle blanc, quand il faut couvrir les fleurs de feu

Zoé Bertano © Mathieu Faluomi

« En réemployant des formes du vivant souvent invisibilisées et en leur rendant ainsi un hommage tangible avant qu’elles ne disparaissent, il est fait acte de mémoire ».

Le projet

L’Asphodèle blanc (asphodelus albus) est une espèce pyrophyte, elle résiste aux incendies et les utilise pour mieux se propager. C’est dans un contact prolongé avec la faune et la flore que l’on retrouve la rudesse des éléments et nos similitudes de chair. Et à l’image de chimères, c’est par un processus d’associations et d’assemblages intuitifs rappelant les cadavres exquis surréalistes que ce travail prend forme. Là où un oiseau s’érige en gardien, des fleurs fossilisées émergent du sol. La complexité des assemblages, tant symboliques que techniques, témoignent de la diversité du vivant s’opposant aux idées simplifiées que l’on peut avoir à son encontre.

En réemployant des formes du vivant souvent invisibilisées et en leur rendant ainsi un hommage tangible avant qu’elles ne disparaissent, il est fait acte de mémoire, à travers des moulages précis d’ossements, s’appuyant sur des observations rigoureuses, attentives aux détails anatomiques, aux courbes, aux textures et aux couleurs que la nature emploie. En étudiant ces formes avec précision, leur complexité intrinsèque se relève et fait circuler ces représentations dans notre société, afin d’en renouveler la perception. Plus nous serons confrontés à ces formes de la biomasse, plus nous serons incités à questionner notre propre rapport à elles et la manière dont nous nous incluons en leur sein.

Légende : Porcelaine, grès, oxydes, bois, verre, fils de coton et laine, fer et huile sur toile.