Informations
Conférence
Mercredi 4 février
18h30
École des Arts Décoratifs - PSL
Amphithéâtre Rodin
31, rue d'Ulm
Paris 5e
Entrée libre
sur inscription
Un cycle de rencontres pour penser les environnements urbains et leurs mémoires
Dans la continuité du cycle « Et pourtant iels parlent… », l’École des Arts Décoratifs – PSL poursuit son engagement en faveur d’une création attentive aux dynamiques sociales, politiques et mémorielles qui façonnent nos cadres de vie. Annabela Tournon Zubieta, historienne de l’art et enseignante en études décoloniales, s’associe à Justinien Tribillon, chercheur en urbanisme et écrivain, ainsi qu’à Stéphanie Dadour, chercheuse en architecture et spécialiste des liens entre féminisme et espace, pour concevoir un cycle de rencontres mensuelles. En croisant les regards de l’art, du design, de l’architecture et de la ville, ce cycle propose d’interroger nos environnements — notamment urbains — au prisme des études postcoloniales : histoires, mémoires, récits et réparations. Écrivain·es, artistes, chercheur·es et militant·es seront invité·es à partager leurs réflexions, leurs luttes et les futurs collectifs qu’ils et elles esquissent.
Une première rencontre animée par Zahia Rahmani
Cette première rencontre sera animée par l’écrivaine et historienne de l’art Zahia Rahmani. Née en Algérie, Zahia Rahmani a grandi dans un village de l’Oise, entre le Mont César, auquel les maisons étaient adossées au nord, et la forêt domaniale de Hez-Froidmont à l’ouest. Le mont, recouvert d’un remarquable bois sauvage, jouxtait une forêt bien plus vaste, dont le sol sablonneux et les reliefs variés ont favorisé le développement d’arbres majestueux sur plusieurs milliers d’hectares. Ces paysages, autrefois perçus comme des refuges, sont aujourd’hui menacés. Cette intervention propose de déployer l’arrière-plan sensible, épistémologique et politique du projet de recherche Paradis perdus – Colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes, consacré aux premières représentations des territoires des zones caribéennes et pacifiques. Seront présentées la généalogie du projet, ses ressources iconographiques et ses intentions. La présentation s’inscrit également dans une perspective pédagogique visant, dès la rentrée suivante, à investir le passé « icono-logique » de certaines communes proches de Paris, telles qu’Argenteuil et Sarcelles. Il s’agira d’en exhumer les paysages et l’histoire, mais aussi la démographie et l’économie, dans une approche comparatiste avec l’état contemporain des lieux, en interrogeant les savoirs — ou les absences de savoir — des habitants, ainsi que leurs raisons.
Biographie de Zahia Rahmani
Écrivaine et historienne d’art de formation, Zahia Rahmani, mène actuellement le programme de recherche "Paradis perdus " - Colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes, dédié à l’émergence des corpus iconographiques et textuels des zones Caraïbes et Océanienne. Responsable du domaine de recherche « Histoire de l’art mondialisée ? » à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), elle a inauguré avec un collectif de jeunes chercheurs internationaux et commissaires d’expositions, le programme de rencontres « Observatoire : Global Art Prospective », et initié le projet de recherche et d’exposition, Sismographie des luttes – Vers une histoire globale des revues critiques et culturelles, (paru en 2 volumes chez les Nouvelles Éditions place). Dédiés à la généalogie, à l'émergence et au recensement de quelques mille revues critiques et culturelles non-européennes, ce dernier est consultables sur le site sismo.inha.fr.
Elle a initié en 2012, le programme de recherche et de rencontres, « Made in Algeria – Génélaogie d’un territoire », consacré à l’invention cartographie et la captation coloniale qui a donné lieu en collaboration avec le Département des Cartes et Plans de la BNF, à une exposition d’envergure, au Mucem en 2016.
Elle a créée et dirigé à l’ENSBA, le Research Program, le 1er post-diplôme de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris sous la direction d’Alfred Pacquement. Elle est l’auteur d’une trilogie consacrée à des figures contemporaines « d’hommes bannis », un travail littéraire sur des impensés de la théorie postcoloniale paru aux éditions Sabine Wespieser. Elle a reçu l’Albertine Book Price en 2020 pour son roman "Muslim": A Novel paru aux éditions Deep Vellum, aux Etats-Unis.