Lou Delius

Restez devant, restez derrière pour moi 

Lou Delius

Restez devant, restez derrière pour moi 

Lou Delius ©Amélie Canon

« Dans ce temps long, fastidieux, travailler toujours avec les traces, repentirs et résistances des dessins précédents. »

Le projet

« Somewhere between… the Actual and the Imaginary… ghosts might enter… without affrighting us. It would be too much in keeping with the scene to excite surprise, were we to look about us and discover a form, beloved, but gone hence, now sitting quietly in a streak of this magic moonshine, with an aspect that would make us doubt whether it had returned from afar, or had never once stirred from our fireside. » *
Le pastel sec est un matériau propice aux mouvances. Il déborde même jusqu’à l’artiste, jusqu’à ses mains, sur le visage, dans les oreilles, dans toute la pièce. Il permet de faire se succéder des couches de pigments, de les effacer, de les recouvrir. Dans ce temps long, fastidieux, travailler toujours avec les traces, repentirs et résistances des dessins précédents. Sous l’âne gris, il y a un autre âne rouge, et bleu, et derrière un personnage il y a tous les autres. Ainsi, chaque image finit par contenir sa propre archive, silencieuse et personnelle. 
Ce protocole de travail, où les choses peuvent s’étendre, se diviser et les temps être facilement absorbés (comme des montages, en quelque sorte), où des formes apparaissent et d’autres disparaissent, génère un espace dans lequel les « revenances », survivances, sont possibles, et aussi bienvenues. Elles me permettent d’aborder la question des récits de(s) fantômes, ou de la matière fantomatique, toujours en attente, pressante, et vers laquelle il est possible (voire nécessaire) d’aller.

*Citation de Nathaniel Hawthorne (1850) The Scarlet Letter, extrait de Avery F. Gordon (2008) Ghostly Matters: Haunting and the Sociological Imagination. 
 

Légende : Pastel sec sur papier, bois