Louis Garcia Malpiece

Se fâcher tout rouge

Louis Garcia Malpiece

Se fâcher tout rouge

Louis Garcia Malpièce © Béryl Libault

« Ces bourreaux rigolos et leurs guillotines pas très pratiques construisent une tension, entre la terreur absolue que doit provoquer l’idée d’une machine à exécuter et un corpus stylistique bien trop guilleret pour ces sujets. »

Le projet

Cinq guillotines, suspendues dans les airs, biscornues, bariolées, et, surtout, non fonctionnelles. Pour elles, cette collection imagine des bourreaux. Formellement, le vestiaire est simple, voire naïf. Ces bourreaux ne sont pas bien sérieux, mais ils sont rigolos. Ils portent des vestes très rigides, trop larges sur leurs épaules, des petits débardeurs (ils n’ont pas de chemises, c’est trop sérieux), des shorts et de très hautes chaussettes, des chaussures à bout pointu et des sacs longs comme le bras.

Chaque guillotine dispose de son bourreau, et l’attirail de celui-ci est chromatiquement coordonné. Les couleurs sont donc vives et la gamme large. Puis, apparaissent, comme pour mimer une usure fantaisiste des pièces, des taches de couleur, souvent plus saturées que le matériau de base, comme si le travail et l’usage avaient pu les rendre plus bariolés. Ces bourreaux rigolos et leurs guillotines pas très pratiques construisent une tension, entre la terreur absolue que doit provoquer l’idée d’une machine à exécuter et un corpus stylistique bien trop guilleret pour ces sujets.

Légende : Teinture acide sur laine, sérigraphie sur cuir, jacquard piqué industriel.